Chapelle Saint-Roch en Volière : sauver son perron et préserver l’âme d’un quartier
Un joyau caché au cœur de Liège
Nichée au détour d’une ruelle pleine de charme, à deux pas de Palais des Princes-Évêques et de Place Saint-Lambert, la Chapelle Saint-Roch en Volière semble presque se dévoiler à ceux qui savent la chercher.
Construite entre 1558 et 1563 grâce à une loterie publique — une première à Liège — et à la générosité des habitants, elle incarne dès son origine une œuvre collective. Classée monument depuis 1970, elle abrite également un orgue exceptionnel datant de 1769, reconnu comme patrimoine majeur de Wallonie.
Mais cette chapelle n’est pas qu’un édifice. Elle est le cœur battant d’un ancien couvent, celui des Cellites — ou Alexiens — appelés au XVIe siècle pour lutter contre la peste. Ces hommes consacrèrent leur vie aux malades, aux exclus, aux oubliés. Une mission de soin et d’humanité qui, d’une certaine manière, se prolonge encore aujourd’hui sur la colline avec les institutions de santé mentale liégeoises.
Le Lolla : bien plus qu’un escalier
Depuis 1662, un large perron de pierre — le fameux “Lolla” — accueille visiteurs, fidèles et habitants. Huit marches de calcaire, patinées par les siècles, qui mènent à la façade de la chapelle. Huit marches qui racontent des générations de passages, de fêtes populaires, de dévotions, de vie de quartier.
Le mot “Lolla” lui-même porte une mémoire : celle des “Lollards”, surnom donné aux frères Cellites, et par extension à ce lieu où l’on entrait autrefois après avoir gravi cet escalier emblématique.
Aujourd’hui, ce perron est en danger.
Les marches sont fissurées, descellées, instables. Le Lolla se dégrade, lentement mais sûrement. Et avec lui, c’est tout un pan de l’histoire locale qui vacille.
Une restauration urgente, un chantier porteur d’espoir
Face à cette situation, un projet de restauration à l’identique verra le jour à l’automne 2026. Soutenu par l’Agence wallonne du Patrimoine, la Province et la Ville de Liège, le chantier s’annonce ambitieux.
Les pierres seront démontées une à une, restaurées en atelier ou remplacées avec le plus grand respect des techniques d’origine. Mais au-delà de la restauration, ce projet ouvre aussi une fenêtre fascinante sur le passé : des fouilles archéologiques accompagneront les travaux.
Sous la nef, les archéologues espèrent mettre au jour d’anciennes dalles funéraires du XVIe et XVIIe siècle. Crypte oubliée ? Vestiges d’anciens bâtiments ? Le mystère reste entier, mais promet déjà de nouvelles pages d’histoire à écrire.
Une lutte citoyenne pour le patrimoine
Derrière ce projet, il y a surtout une énergie humaine remarquable : celle de l’ASBL Les Amis de la Chapelle Saint-Roch en Volière.
Depuis 1991, ces bénévoles se battent sans relâche pour préserver ce lieu unique — la seule chapelle de couvent du XVIe siècle encore debout à Liège. Leur engagement dépasse la simple conservation : ils font vivre la chapelle à travers concerts, visites, événements culturels et moments de partage.
Mais aujourd’hui, leur combat est aussi financier.
Malgré les subsides publics, il reste 50.000 € à réunir pour mener à bien la restauration du Lolla. Une somme importante, mais à la portée d’une mobilisation collective.
Un appel à agir
Préserver la Chapelle Saint-Roch en Volière, ce n’est pas seulement restaurer des pierres. C’est défendre une mémoire, un quartier, une identité.
Chacun peut contribuer à cet effort : par un don, par une visite, par une présence lors des événements. Chaque geste compte pour que ce lieu continue de vivre, de rassembler et de transmettre.
Parmi les rendez-vous à venir, le festival des Estivales en Volière, qui se déroulera du 11 juillet au 16 août 2026, sera une occasion précieuse de soutenir concrètement cette cause tout en profitant d’une programmation culturelle riche et conviviale.
Informations complémentaires :
www.chapelle-voliere.be – info@chapelle-voliere.be




