Le Street art et le nouveau parc Katherine Johnson à Liège

Une fresque monumentale pour accompagner la naissance du futur parc Katherine Johnson dans le Longdoz

Dans le quartier du Longdoz, les travaux du futur parc « Katherine Johnson » entrent progressivement dans leur dernière ligne droite. Sur l’ancien site industriel des savonneries Palmolive, rue Lairesse, la transformation de cette friche longtemps oubliée en un nouvel espace de respiration urbaine se concrétise jour après jour.

Et déjà, une nouvelle intervention artistique vient accompagner cette métamorphose : une fresque de street art actuellement en cours de réalisation par le collectif bruxellois « Atelier Louves » devrait prochainement offrir au site une identité visuelle forte et contemporaine.

Un nouvel écrin de verdure au cœur du Longdoz

Acquis par la Ville de Liège en 2018, l’ancien site Palmolive représente un enjeu important pour le quartier du Longdoz. Avec ses quelque 4.500 m², cet ancien espace industriel constitue une rare opportunité de créer un véritable îlot de fraîcheur et de détente dans l’un des quartiers les plus densément urbanisés de la ville.

Le Longdoz souffre depuis longtemps d’un important déficit en espaces verts. On y compte moins d’un mètre carré d’espace vert par habitant, un chiffre particulièrement faible pour un quartier aussi densément peuplé.

Le futur parc entend ainsi répondre à plusieurs objectifs : offrir un lieu de promenade, améliorer le cadre de vie des habitants, renforcer le lien social mais aussi redonner une identité positive à un site marqué par son passé industriel.

Le lieu fut autrefois occupé par les savonneries Dubois avant d’être repris par Palmolive dans les années 1960. Intégrée ensuite au groupe Colgate, l’activité industrielle quittera finalement les lieux en 1975 pour rejoindre le site de Milmort.

Katherine Johnson, une pionnière des mathématiques et de la conquête spatiale

Le choix du nom du parc n’a évidemment rien d’anodin.

Katherine Johnson fut l’une des grandes figures scientifiques du XXe siècle. Mathématicienne afro-américaine au talent exceptionnel, elle participa aux calculs de trajectoires des premières missions spatiales habitées américaines au sein de la NASA.

À une époque où les femmes noires faisaient encore face à la ségrégation raciale et aux discriminations dans les milieux scientifiques, Katherine Johnson réussit à s’imposer grâce à la précision remarquable de ses calculs. Son travail joua notamment un rôle essentiel dans les missions Mercury et Apollo ainsi que dans le vol orbital historique de l’astronaute John Glenn.

Longtemps restée dans l’ombre, son parcours a été révélé au grand public grâce au film « Hidden Figures », consacré aux mathématiciennes afro-américaines ayant contribué à la conquête spatiale américaine.

Attribuer son nom à ce futur parc liégeois apparaît dès lors comme un symbole fort : celui de la connaissance, de l’émancipation et de la transmission.

Atelier Louves : le street art au service du paysage urbain

Pour accompagner cette renaissance urbaine, la Ville a fait appel au collectif bruxellois Atelier Louves et à Spray Can Arts Asbl, deux figures reconnues du street art contemporain belge.

Fondé par les artistes Cathy Gagalis Vega et Clarisse Jeghers, le collectif développe depuis plusieurs années un univers graphique immédiatement identifiable, mêlant formes organiques, motifs végétaux et compositions inspirées du graphisme contemporain.

Loin du graffiti classique plus frontal ou typographique, Atelier Louves privilégie une approche poétique et immersive de l’espace public. Leurs fresques dialoguent avec l’architecture, les volumes urbains et l’environnement naturel afin de transformer les lieux en véritables expériences visuelles.

Cette sensibilité semble particulièrement adaptée au futur parc Katherine Johnson, pensé lui aussi comme un espace de respiration et d’apaisement au cœur du tissu urbain.

Un quartier en pleine transformation

Avec cette nouvelle fresque monumentale, le futur parc Katherine Johnson commence déjà à affirmer son identité avant même son ouverture officielle.

Entre mémoire industrielle, renouveau paysager et intervention artistique contemporaine, le site illustre aussi l’évolution actuelle de nombreux quartiers urbains où l’art public devient un véritable outil de réappropriation collective de l’espace.

Une affaire à suivre… Restez fidèles à nos articles pour les développements ultérieurs que nous ne manquerons pas de vous raconter en détails.

 

Parc Katherine Johnson – Fresque Atelier Louves – Photo © A. Hanniken