Le parc Katherine Johnson, un nouvel espace vert à Liège

Le parc Katherine Johnson ouvre ses portes au cœur du Longdoz

De l’ancienne usine Palmolive à un nouvel espace de vie pour le quartier

Ce samedi, en fin de matinée, le quartier du Longdoz a officiellement inauguré son tout nouveau parc Katherine Johnson. En présence d’une assistance nombreuse, le Bourgmestre de Liège Willy Demeyer, accompagné de plusieurs Échevins, a symboliquement coupé le ruban, donnant ainsi le coup d’envoi d’une nouvelle histoire pour ce lieu longtemps marqué par son passé industriel.

Car il faut bien parler ici d’une véritable métamorphose. Pendant de nombreuses années, l’espace laissé vacant après la démolition de l’ancienne usine Palmolive constituait une importante « dent creuse » au cœur d’un quartier particulièrement dense. Aujourd’hui, cette ancienne friche industrielle a définitivement changé de visage pour laisser place à un parc moderne, verdoyant, convivial et ouvert à tous.

Un nouvel espace de respiration au cœur du Longdoz

Avec ses quelque 4.500 m², le parc Katherine Johnson vient répondre à un besoin particulièrement important dans ce quartier où les espaces verts et les lieux de détente sont rares.

La conception du parc privilégie manifestement la convivialité et les usages quotidiens. De nombreux arbres ont été plantés et, même si leur taille encore modeste ne permet pas aujourd’hui d’en mesurer pleinement l’effet, ils viendront progressivement former une véritable canopée. Dans quelques années, leurs feuillages offriront une ombre bienvenue lors des périodes de forte chaleur et contribueront à rendre le parc encore plus agréable.

Les aménagements ont également été pensés pour différents publics. Les espaces de jeux permettront aux enfants de profiter pleinement des lieux tandis qu’une fontaine faisant également office de pataugeoire apportera, durant les beaux jours, une touche de fraîcheur particulièrement appréciable pour les plus petits.

Le résultat est un espace qui invite autant à la promenade qu’à la détente, au jeu ou simplement à prendre le temps de s’asseoir et de profiter d’un peu de verdure au cœur d’un environnement urbain particulièrement dense.

Deux fresques pour donner une identité au parc

Autre élément immédiatement visible : les deux immenses fresques qui encadrent l’entrée du parc.

Réalisées par le collectif bruxellois Atelier Louves, elles constituent désormais l’un des éléments identitaires forts du nouveau lieu. Nous avions déjà eu l’occasion de vous présenter le travail de ce collectif dans notre précédent article consacré à la transformation de l’ancien site Palmolive.

À travers leurs compositions graphiques et leurs formes organiques, les artistes Cathy Gagalis Vega et Clarisse Jeghers développent un langage visuel qui dialogue avec l’architecture et le paysage urbain. Ces deux interventions monumentales apportent ainsi une dimension artistique contemporaine à un espace avant tout destiné à devenir un lieu de vie pour les habitants.

L’art urbain trouve ici une fonction particulièrement intéressante : non seulement décorer, mais contribuer à donner une âme et une identité à un nouveau morceau de ville.

Un hommage à Katherine Johnson

Le choix du nom du parc rend également hommage à une personnalité exceptionnelle.

Mathématicienne afro-américaine née en 1918, Katherine Johnson fut l’une des « calculatrices humaines » qui contribuèrent aux grandes étapes de la conquête spatiale américaine. Intégrée au NACA, devenu ensuite la NASA, elle participa notamment aux calculs de trajectoires des missions Mercury et Apollo.

Son expertise fut telle que l’astronaute John Glenn demanda personnellement qu’elle vérifie les calculs effectués par les premiers ordinateurs électroniques avant son vol orbital de 1962.

Longtemps méconnue du grand public, Katherine Johnson connaîtra une reconnaissance internationale tardive, notamment grâce au film Hidden Figures, consacré aux mathématiciennes afro-américaines de la NASA.

Donner son nom à ce nouveau parc constitue donc un hommage à une femme scientifique dont le parcours associe excellence, persévérance et émancipation. Une référence qui prend tout son sens dans un espace public destiné à être partagé par toutes et tous.

Un parc pensé aussi pour préserver la tranquillité du voisinage

La convivialité n’exclut pas la nécessité de préserver la quiétude des riverains. Le parc a donc été conçu avec une clôture permettant de contrôler ses horaires d’accès.

En période hivernale, les portes seront fermées à 17 heures, tandis qu’en période estivale, le parc restera accessible jusqu’à 20 heures. Un dispositif qui devrait permettre de préserver le calme du quartier en soirée tout en limitant les risques d’incivilités.

Cette attention portée à l’environnement immédiat du parc rappelle qu’un espace public réussi ne se mesure pas uniquement à la qualité de ses aménagements, mais également à sa capacité à trouver un équilibre entre animation, convivialité et respect du voisinage.

Une transformation qui pourrait donner des idées

Avec l’ouverture du parc Katherine Johnson, le Longdoz dispose désormais d’un nouvel espace de respiration particulièrement attendu. Là où subsistait depuis des années le souvenir d’un site industriel disparu, les habitants découvrent désormais un lieu de promenade, de jeux, de fraîcheur et de rencontres.

La transformation est d’autant plus remarquable qu’elle illustre ce que peut devenir une ancienne friche lorsque celle-ci est réinvestie au bénéfice de la collectivité : un espace autrefois fermé et consacré à la production devient un lieu ouvert, végétalisé et accessible à tous.

Et cette réalisation pourrait bien susciter quelques envies dans d’autres quartiers liégeois qui, eux aussi, manquent cruellement d’espaces de détente et de convivialité.

Le parc Katherine Johnson vient ainsi de franchir une première étape : celle de son inauguration. Il lui reste maintenant à écrire sa véritable histoire, celle que construiront au quotidien les enfants venus jouer, les familles, les promeneurs, les riverains… et tous ceux qui viendront simplement y chercher un peu de verdure et de tranquillité.

Inauguration du parc Katherine Johnson à Liège – Photo © A. Hanniken