City Sonic Sessions 2026 : Liège, une ville à écouter autrement

Et si, pendant dix jours, Liège se découvrait moins avec les yeux qu’avec les oreilles ?

Liège, une ville à écouter autrement

Du 18 au 27 septembre 2026, City Sonic s’installe à Liège pour dix jours de performances, de créations, d’expérimentations et de rencontres. Porté par Transcultures, le festival des arts sonores investira cinq lieux aux identités très différentes pour proposer une autre manière d’écouter la ville.

Et si, pendant dix jours, Liège se découvrait moins avec les yeux qu’avec les oreilles ?

C’est en quelque sorte l’invitation lancée par City Sonic Sessions 2026, qui prendra ses quartiers à Liège du 18 au 27 septembre. Né à Mons en 2003 à l’initiative de Transcultures, City Sonic explore depuis plus de vingt ans le son comme un véritable territoire de création, à la croisée des arts numériques, de la performance, de la musique expérimentale, de la poésie et des formes hybrides.

Ici, le son n’est donc pas seulement quelque chose que l’on écoute. Il devient une matière artistique, un espace d’expérimentation et parfois même un moyen de transformer notre perception d’un lieu.

Du son, des corps et des espaces

Pour cette nouvelle édition liégeoise, City Sonic privilégie les performances et les expériences sonores, avec une programmation réunissant artistes belges et internationaux.

Le festival investira cinq lieux particulièrement différents : Overflow Gallery, le Cercle du Laveu, le Manège Fonck, les Serres du Jardin Botanique et la péniche L’Armande.

Un choix qui n’est évidemment pas anodin. Entre galerie, lieu culturel, ancienne infrastructure universitaire, jardins et espace flottant, ces endroits proposent chacun une relation particulière à l’espace. Le son vient alors s’y inscrire, parfois le perturber, parfois le révéler.

C’est aussi ce qui fait la singularité de City Sonic : plutôt que de considérer le son comme un simple accompagnement, le festival l’utilise pour créer des situations où se rencontrent corps, espace, technologie, voix, environnement et imagination.

Une ouverture en mode « transe »

Le vendredi 18 septembre, Overflow Gallery donnera le coup d’envoi avec Transe-Formations, une performance réunissant Isa*Belle, Stéphane Kozik et Natalia de Mello.

La soirée se poursuivra avec Scratch my back, proposition live de Raymond Delepierre.

Le lendemain, 19 septembre, Roxane Rajic présentera La marée sans étoile, avant Quattrophage, avec Matthieu Safatly, Pierre Dellacherie, Olivier Hüe et Nicolas Lelièvre.

Le 20 septembre, toujours à Overflow Gallery, place au Transonic live, qui réunira plusieurs projets : Sahara de Thanas Kas, Pastoral / Suspended Night de Christophe Bailleau O’Farrell et Philippe Franck, ainsi qu’une proposition associant A limb de Didié Nietzsche et Life is a lab de Katia Vonna Beltran.

Cette présence de Philippe Franck n’est pas anodine. Fondateur de Transcultures et de City Sonic, il est décédé en 2025. Sa voix et son travail continuent cependant de traverser certains projets présentés dans cette édition.

Le festival change de décor

Le 23 septembre, City Sonic quittera Overflow Gallery pour rejoindre le Cercle du Laveu.

Au programme : Night music de Tim Charlier et Aneline Depiereux, puis Improvisation(s) de Jean-Jacques Duerinckx et Jean-Marc Foussat.

Le 24 septembre, changement d’atmosphère encore avec le Manège Fonck, qui accueillera Homo-Luciola. Cette proposition réunira Fred Chemama / 眯腊 (mira), Judith Léonardon, Sara Molon, Esteban Vin, Christian Leroy, Stéphane Kozik et Yacine Sebti, autour d’un dispositif mêlant danse verticale, art audiovisuel interactif et création sonore.

Le lendemain, 25 septembre, le festival prendra littéralement le large — ou presque — puisque les propositions se dérouleront à bord de la péniche L’Armande : Feuilleton de feuilles de Roxane Métayer, puis Un réseau de force mêlée de Ludovic Medery.

Quand les serres deviennent un espace d’écoute

Le samedi 26 septembre sera particulièrement riche.

Aux Serres du Jardin Botanique, Écritures Sauvages, projet initié par Werner Moron, réunira Lisette Lombé, Catherine Barsics, Isa*Belle, Aurélie William Levaux, Baptiste Brunello, Vinciane Despret et Marc Wendelski.

Quatre performances seront suivies d’une rencontre dans les serres.

Un cadre qui semble particulièrement bien correspondre à l’esprit de City Sonic : ici, le sonore ne se trouve plus seulement confronté à une architecture ou à un espace culturel, mais à un environnement vivant.

Le soir, retour à L’Armande pour une série de propositions : Hybridation de Céline Denain, Louis Freres, Florence Peyrard et Armand Lesecq, Solar Cycle d’Alyssa Havé, Unsurrounded de Lázara Rosell Albear, ainsi qu’une performance sonore de Maria Teriaeva.

Dernier jour, derniers sons

Le dimanche 27 septembre, L’Armande accueillera Noïse Story (Histoire de bruits) de Charlie Aubry, Xavière Fertin, Louis Freres et Armand Lesecq.

La journée se poursuivra avec un workshop et la performance Sferos de Kotryna Žilinskaitė et Arnaud Schockmel, avant de se terminer par une after party avec Quelques piétons / Eric Therer.

Une manière assez logique de conclure un festival qui revendique justement le décloisonnement : entre performance et écoute, création individuelle et expérience collective, écritures et improvisations, technologie et environnement.

Une autre façon de regarder… la ville

City Sonic défend depuis sa création une idée simple mais finalement assez radicale : le son peut être un territoire artistique à part entière.

À Liège, cette approche prend une dimension particulière puisque les propositions ne seront pas regroupées dans un seul lieu. Le public sera invité à passer d’une galerie à un cercle de quartier, d’un ancien lieu culturel à des serres botaniques, puis à une péniche.

Autrement dit, il ne faudra pas seulement aller voir City Sonic.

Il faudra aussi l’écouter.

Et peut-être accepter, pendant quelques jours, de perdre un peu ses repères habituels : reconnaître un lieu sans forcément le regarder, entendre une architecture, écouter un paysage, découvrir une voix ou se laisser surprendre par un son dont on ne sait plus très bien d’où il vient.

C’est probablement là que réside l’une des belles promesses de cette édition liégeoise : faire de la ville un espace d’écoute et transformer notre manière de la percevoir.

 

City Sonic Sessions 2026

Liège — du 18 au 27 septembre 2026

Entrée libre.

Réservation souhaitée pour les propositions organisées à bord de L’Armande, dont la jauge peut être limitée : larmande@outlook.com

Programme et informations pratiques : City Sonic / Transcultures

 

Le regard de Cyberliège Magazine

À force de parler de patrimoine, d’architecture et d’images, on pourrait presque oublier que nos villes possèdent aussi une autre dimension : elles ont une voix.

Un clocher, une circulation, une porte qui se referme, le brouhaha d’une rue, le silence d’un jardin… Nous traversons quotidiennement ces paysages sonores sans nécessairement les écouter.

City Sonic propose précisément de déplacer notre attention.

Pendant dix jours, le festival invite à passer du regard à l’écoute et à découvrir Liège à travers des artistes qui utilisent le son comme une matière, un espace ou un moyen de dialogue avec les lieux.

Et c’est sans doute ce qui rend cette édition particulièrement intéressante : la programmation ne se contente pas de présenter des œuvres sonores. Elle les confronte à des espaces qui possèdent déjà leur propre identité.

Une galerie, une péniche, des serres, un lieu culturel ou un espace de quartier ne « sonnent » pas de la même manière. En changeant de lieu, le public change aussi d’écoute.

Pour Cyberliège, cette démarche fait naturellement écho à notre envie de regarder la ville autrement.

City Sonic nous rappelle ainsi qu’il existe plusieurs façons de découvrir Liège. Il suffit parfois de fermer les yeux pour mieux la voir.

 

Florence-Peyrard-Credit-Elise-Peyrard-City-Sonic-Transcultures-2026