L’Exposition « Touche d’espoir » de Caracol à La Factory à Liège, l’instant fragile où tout peut encore changer
En février, La Factory accueillera Touche d’espoir, la nouvelle exposition de Caracol. Une série de peintures où la jeunesse, figée dans un présent suspendu, incarne à la fois l’inquiétude d’un monde saturé et la possibilité obstinée d’un autre avenir.
Caracol suspend le présent pour mieux parler du futur
Avec Touche d’espoir, Caracol (Stéphane Gilles) présentera une série inédite de peintures figuratives et narratives qui placeront la jeunesse au centre d’une réflexion sensible et profondément contemporaine. L’artiste construit un univers situé à la lisière d’un futur dystopique et d’un présent déjà en train de se fossiliser. Le temps, dans ces toiles, ne s’écoule plus vraiment : il se fige dans ce fragment minuscule qu’est l’instant précédant l’action.
Caracol s’attache précisément à ce moment de bascule celui où tout peut encore advenir. Ses jeunes protagonistes ne sont jamais montrés en pleine action, mais dans une attente chargée d’intensité, comme retenus dans un souffle collectif. Le spectateur ne sait ni ce qu’ils s’apprêtent à faire, ni ce qu’ils fuient. Ce flou narratif n’est pas un manque, mais un espace ouvert : chaque toile devient un territoire d’interprétation, un échange silencieux entre l’image et celui qui la regarde.
La couleur contre l’aseptisation du monde
Sur le plan plastique, Caracol s’appuie sur des pigments saturés et des contrastes puissants. Cette tension chromatique insuffle aux scènes une énergie presque électrique, à l’image de la jeunesse qu’il représente : vibrante, instable, traversée d’élans contradictoires. La peinture, loin d’être décorative, devient ici un champ de forces.
Le futur esquissé en filigrane prend des allures de critique sociale. À travers ces corps jeunes, exposés, parfois vulnérables, l’artiste met en lumière une société obsédée par la performance, l’image lisse et la perfection physique. Face à cette pression diffuse, les figures de Caracol incarnent une forme de résistance douce mais tenace : leur simple présence, leur humanité imparfaite, leur capacité à douter et à espérer constituent déjà un geste politique.
Entre mémoire et monde numérisé
Les expressions des personnages mêlent nostalgie, inquiétude et détermination. Ils portent en eux la conscience d’un monde abîmé, mais aussi la volonté de ne pas s’y résigner. Autour d’eux, des objets évoquant le passé surgissent comme des fragments de mémoire, presque des reliques. Ces éléments entrent en tension avec des environnements plus froids, marqués par une esthétique numérisée.
Ce dialogue visuel entre héritage et technologie ne relève pas d’une opposition simple. Caracol explore plutôt la porosité entre ces dimensions : comment habiter un monde saturé d’écrans sans perdre le lien avec ce qui nous précède ? Comment inventer un avenir qui ne soit pas une rupture, mais une transformation ?
Une peinture engagée, mais sans slogan
Fidèle à sa démarche, Caracol explore les frontières floues entre technologie, société contemporaine et humanité. Son goût pour le portrait et son usage audacieux de la couleur servent une œuvre à la fois douce et tendue, où l’engagement ne passe jamais par l’illustration ou le discours frontal. Touche d’espoir fonctionne comme une vibration : un hommage à la persévérance, à la fragilité, et à cette force discrète qu’est l’espoir lorsque tout semble vaciller.
Infos pratiques
Exposition : Touche d’espoir – Caracol (Stéphane Gilles)
Lieu : La Factory, rue Hubert Désamoré 4A, 4000 Liège
Dates : Les samedis 7, 14, 21 et 28 février 2026, de 14h à 18h
Vernissage : Le vendredi 6 février 2026, de 17h30 à 22h


