Aux sources du baroque : les Estivales en Volière célèbrent le génie musical italien

Aux sources du baroque italien : les Estivales en Volière invitent à un voyage musical entre virtuosité et émotion

Le vendredi 17 juillet à 18 heures, la chapelle Saint-Roch en Volière accueillera un nouveau rendez-vous des Estivales en Volière consacré aux origines de la musique baroque italienne. Aux côtés de l’organiste liégeois Fabien Moulaert, la violoniste française Axelle Girard proposera un programme qui replonge le public dans l’effervescence musicale de l’Italie du XVIIᵉ siècle, là où le violon et les instruments à clavier ont commencé à écrire une nouvelle page de l’histoire de la musique.

Lorsque l’on évoque le baroque, les noms de Jean-Sébastien Bach, Georg Friedrich Haendel ou Antonio Vivaldi viennent spontanément à l’esprit. Pourtant, bien avant ces grands maîtres, c’est en Italie que s’est inventé un nouveau langage musical dont toute l’Europe allait bientôt s’inspirer.

Au XVIIᵉ siècle, Venise, Rome, Ferrare ou encore Bologne deviennent de véritables laboratoires de création. Les compositeurs y repoussent les limites de l’expression musicale, cherchant moins à impressionner qu’à émouvoir. Leur ambition est de traduire les affetti, ces émotions humaines – la joie, la mélancolie, la passion ou l’émerveillement – qui deviendront l’un des fondements de l’esthétique baroque.

L’Italie, berceau d’une révolution musicale

Cette période voit naître ou s’épanouir plusieurs formes musicales appelées à connaître un immense succès.

La toccata, libre et brillante, permet aux organistes et clavecinistes de déployer toute leur virtuosité. La canzon, héritière de la chanson polyphonique de la Renaissance, gagne en richesse expressive avant d’évoluer progressivement vers la sonate. Quant à cette dernière, elle devient peu à peu l’un des genres majeurs de la musique instrumentale occidentale.

Le violon connaît alors un essor spectaculaire. Grâce à des compositeurs comme Biagio Marini, Dario Castello, Giovanni Paolo Cima, Girolamo Frescobaldi, Tarquinio Merula ou encore Giovanni Battista Fontana, l’instrument acquiert une liberté d’expression inédite. Les contrastes entre mouvements rapides et méditatifs, les effets d’écho, les silences et les ornements créent ces véritables clairs-obscurs sonores qui caractérisent la musique italienne du Seicento.

Cette inventivité franchira rapidement les Alpes pour influencer durablement les écoles musicales allemandes, françaises et anglaises. Quelques décennies plus tard, Jean-Sébastien Bach lui-même s’inspirera largement de cet héritage italien, notamment à travers les concertos de Vivaldi et la science contrapuntique transmise par les maîtres de la péninsule.

Deux musiciens passionnés par les sources du répertoire

Pour faire revivre ces œuvres fondatrices, les Estivales en Volière réunissent deux interprètes dont le parcours témoigne d’un profond attachement à la musique ancienne.

La violoniste Axelle Girard découvre très jeune l’univers baroque à l’occasion d’un concert des Arts Florissants alors qu’elle vit en Chine. Cette révélation orientera progressivement son parcours, jusqu’à intégrer le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris en violon baroque. Ses nombreux séjours en Asie nourrissent également sa réflexion sur les racines culturelles de l’Europe, qu’elle explore aujourd’hui à travers les répertoires des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles.

À ses côtés, Fabien Moulaert s’est imposé comme l’une des figures de la musique ancienne en région liégeoise. Organiste titulaire de l’église Saint-Sébastien de Stavelot, fondateur de l’ensemble Concerto Imperiale et professeur au Conservatoire royal de Liège, il partage son activité entre l’orgue et le trombone baroque. Cette double pratique nourrit une approche particulièrement vivante des musiques des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles.

Un dialogue entre violon et orgue dans l’écrin de Saint-Roch

Dans l’acoustique chaleureuse de la chapelle Saint-Roch en Volière, le violon et l’orgue dialogueront comme ils le faisaient il y a quatre siècles dans les palais et les églises italiennes.

Au-delà de la virtuosité, ce concert invite surtout à retrouver une musique profondément humaine, où chaque phrase cherche à raconter une émotion, à surprendre l’auditeur ou à suspendre le temps.

Une manière idéale de poursuivre les Estivales en Volière, en découvrant les racines d’un patrimoine musical qui continue d’inspirer les interprètes d’aujourd’hui.

Informations pratiques et réservations obligatoires :

https://www.chapelle-volière.be