Le tram de Liège, un premier bilan positif

Liège : le tram passe le cap de sa première année avec succès

Pendant des années, le chantier a rythmé – et souvent perturbé – le quotidien des Liégeois. Voiries éventrées, commerces impactés, circulation compliquée : le projet du tram aura suscité son lot de frustrations et nourri un scepticisme tenace. Coût jugé excessif, utilité contestée, délais prolongés… rares sont les grands projets à Liège qui échappent à la critique. Et celui-ci n’aura pas fait exception.

Un an après sa mise en service en avril 2025, le paysage a pourtant bien changé.

Un succès de fréquentation au rendez-vous

Avec près de douze millions de voyageurs transportés et environ un million de kilomètres parcourus, le tram s’est rapidement imposé dans les habitudes de mobilité. À certaines heures de pointe, notamment entre 16 h et 18 h, la fréquentation atteint des niveaux particulièrement élevés, avec jusqu’à 5.000 usagers par heure.

Ce succès se reflète également dans le taux de satisfaction des voyageurs, qui s’élève à 77 %. Un chiffre jugé encourageant pour une première année d’exploitation d’un réseau entièrement nouveau, qui a nécessité une phase d’adaptation tant pour les usagers que pour les opérateurs.

Entre médiatisation et vigilance

Difficile toutefois d’évoquer cette première année sans mentionner les incidents qui ont jalonné l’actualité. Le tram a fait l’objet d’une attention médiatique soutenue, notamment en raison des accidents survenus depuis sa mise en service.

Au total, 53 accidents ont été recensés, faisant 44 victimes dont trois blessés graves, sans qu’aucun décès ne soit à déplorer. Des chiffres que le TEC invite à relativiser au regard du volume d’exploitation : le taux d’accidents reste inférieur à 0,6 pour 10.000 kilomètres parcourus, un niveau en deçà de celui observé dans des réseaux urbains comparables.

L’enjeu reste néanmoins clair : poursuivre les efforts en matière de sécurisation, notamment sur les points sensibles du tracé, et renforcer la sensibilisation au partage de l’espace public entre piétons, automobilistes et tram.

Un réseau de plus en plus fiable

Sur le plan technique, les débuts parfois hésitants semblent désormais derrière. Grâce aux retours du terrain, les incidents se font de plus en plus rares. Le taux de service est ainsi passé de 95 % en 2025 à 97 % en 2026, témoignant d’une amélioration continue de la fiabilité du système.

Certaines stations concentrent logiquement une forte affluence, à l’image de Place Saint-Lambert, de la Gare des Guillemins, du Pont d’Avroy, de Général Leman, du Standard de Liège ou encore de Opéra Royal de Wallonie. Une fréquentation qui illustre à la fois son rôle dans les déplacements quotidiens et sa fonction d’interconnexion à l’échelle de la ville.

Une affaire très liégeoise

Au terme de cette première année, le constat s’impose : malgré les doutes initiaux et les critiques, le tram a trouvé sa place. Il s’inscrit désormais dans le paysage urbain et dans les pratiques de mobilité.

Car à Liège, les grands projets suivent souvent le même scénario : contestés avant d’exister, critiqués pendant leur réalisation, puis progressivement adoptés. Le tram n’échappe pas à la règle.

Et aujourd’hui, qu’on l’ait attendu ou redouté, une chose est sûre : le tram à Liège est bel et bien une affaire qui roule.