Les Estivales en Volière 2026 s’ouvrent avec Johannes Ciconia, le génie liégeois du Moyen Âge
Le samedi 11 juillet à 18 h, la chapelle Saint-Roch en Volière accueillera le concert d’ouverture des Estivales en Volière 2026. Une invitation à remonter le temps à la rencontre d’un musicien né à Liège il y a plus de six siècles, mais dont le nom demeure encore trop méconnu du grand public : Johannes Ciconia.
Chaque ville possède ses grandes figures artistiques. Liège peut s’enorgueillir d’avoir vu naître, vers 1370, l’un des plus brillants compositeurs de la fin du Moyen Âge. Né Jean Cigogne, il quittera très jeune la principauté pour l’Italie où il latinise son nom en Johannes Ciconia. À Padoue, il deviendra l’un des musiciens les plus influents de son époque, au point d’être aujourd’hui considéré comme l’un des grands artisans de la naissance de la polyphonie de la Renaissance.
Pourtant, si les musicologues connaissent parfaitement son œuvre, son histoire reste largement ignorée du grand public. C’est précisément cette injustice que les Estivales en Volière proposent de réparer en ouvrant leur cinquième édition par un concert qui lui est consacré.
Un Liégeois qui a fait rayonner la musique européenne
À la charnière des XIVᵉ et XVᵉ siècles, les musiciens formés dans les écoles de la principauté de Liège jouissent déjà d’une solide réputation. Johannes Ciconia en est sans doute l’un des plus remarquables représentants.
Après avoir reçu sa formation musicale dans sa ville natale, il poursuit son parcours en Italie, où il rejoint notamment la cathédrale de Padoue. Compositeur, chanteur et théoricien, il développe un langage musical d’une étonnante modernité, mêlant les influences françaises et italiennes. Ses messes, motets, madrigaux et ballades annoncent déjà les grandes œuvres de la Renaissance et inspireront plusieurs générations de compositeurs, parmi lesquels Guillaume Dufay.
Bien plus qu’un simple héritier de l’Ars Nova, Johannes Ciconia participe activement à l’émergence d’une nouvelle manière de concevoir la musique, où la richesse des voix et l’expressivité ouvrent la voie aux chefs-d’œuvre des siècles suivants.
Les sonorités du Moyen Âge retrouvent vie
Pour faire revivre cet univers musical fascinant, les Estivales en Volière ont confié ce premier rendez-vous à deux spécialistes des musiques anciennes : Thomas Van Wetteren et Pascal Ormencay.
Le public entendra résonner les timbres chaleureux d’instruments historiques tels que la vièle à archet, la harpe médiévale, le rebec, la cornemuse ou encore le luth. Ces sonorités, rarement entendues aujourd’hui, permettront de redécouvrir un répertoire vieux de plus de six cents ans dans toute sa richesse, avec Johannes Ciconia comme point culminant de ce voyage musical.
Dans le cadre intimiste de la chapelle Saint-Roch en Volière, l’expérience promet d’être autant patrimoniale que sensorielle.
Un concert pour redécouvrir un trésor liégeois
Choisir Johannes Ciconia pour inaugurer les Estivales 2026 n’a rien d’un hasard. C’est rendre hommage à celui qui peut être considéré comme le premier grand ambassadeur de la tradition musicale liégeoise.
Bien avant les célèbres compositeurs de la Renaissance franco-flamande, ce musicien né à Liège faisait déjà rayonner le savoir-faire artistique de sa ville jusqu’en Italie. Plus de six siècles après sa disparition, sa musique continue d’émouvoir par sa finesse, son équilibre et sa surprenante modernité.
Une belle occasion de découvrir – ou de redécouvrir – l’un des plus prestigieux artistes que Liège ait offert à l’Europe, dans un lieu où patrimoine et musique dialoguent naturellement.
Avec le soutien de l’Asbl « Le Vieux-Liège ».
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