BUSWAY et ses lignes prioritaires à Liège

BUSWAY et ses lignes prioritaires : une ambition claire pour la mobilité liégeoise

Après le tram et l’arrivée progressive des BUSWAY, la transformation du réseau de transport public liégeois entre dans une nouvelle phase. Présentée ce vendredi 18 septembre à Tilleur, en présence du Ministre wallon de la Mobilité et du Bourgmestre de Liège, la stratégie annoncée par la Wallonie repose sur une idée simple : construire progressivement un réseau structurant capable de mieux relier les différents quartiers, communes et grands pôles d’activité de la métropole.

Avec un calendrier, une gouvernance et des moyens financiers annoncés, le projet commence surtout à prendre une forme plus lisible.

Du tram aux BUSWAY : construire une véritable ossature

Le tram, mis en service en avril 2025, a constitué la première pièce de cette nouvelle architecture. Quelques mois plus tard, en septembre 2025, la ligne BUSWAY B2 est venue compléter le dispositif entre les Guillemins et le Sart-Tilman.

D’autres lignes doivent maintenant suivre.

Les BUSWAY sont des lignes de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS). Leur principe est de donner au bus des conditions de circulation plus favorables : sites propres ou aménagements spécifiques, priorité aux feux, fréquence importante, amplitude horaire renforcée et véhicules de grande capacité.

L’objectif n’est donc pas simplement de faire circuler de nouveaux bus. Il s’agit de créer des lignes suffisamment performantes et régulières pour constituer de véritables axes structurants du réseau.

Quatre lignes BUSWAY sont prévues :

  • B1 : Ans – MontLégia – Saint-Lambert – Léopold – Chênée ;
  • B2 : Guillemins – Sart-Tilman ;
  • B3 : République Française – Médiacité – Sart-Tilman – CHU – Botanique ;
  • B4 : Gare Léopold – Robermont – Beyne-Heusay – Fléron.

À l’horizon 2030, ces quatre lignes doivent former, avec le tram, une ossature de transport collectif couvrant une partie importante de l’agglomération liégeoise.

Deux autres axes vers Herstal et Seraing

Le plan ne s’arrête toutefois pas aux BUSWAY.

Deux lignes de bus prioritaires sont également prévues afin de renforcer les liaisons vers Herstal et Seraing. Leur particularité est de s’inscrire sur des parcours plus longs, pour une longueur totale de 15,5 kilomètres.

Au sud, environ 9,5 kilomètres relieront le haut de Seraing au Standard. Au nord, 6 kilomètres relieront Coronmeuse à Basse-Campagne.

La mise en service de ces deux lignes est annoncée à l’horizon 2032.

Ici encore, l’enjeu dépasse la simple création d’une nouvelle ligne de bus. Il s’agit de renforcer deux axes importants de l’agglomération et d’offrir aux habitants de Seraing et de Herstal une alternative plus performante aux déplacements en voiture.

Quand la mobilité transforme aussi la ville

C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants de cette stratégie : construire un réseau structurant implique aussi de transformer les espaces publics traversés.

Créer un site propre pour les bus suppose de revoir une voirie. Et lorsqu’une voirie est repensée, d’autres questions apparaissent : comment circulent les piétons ? Où passent les cyclistes ? Comment sécuriser les carrefours ? Où placer les arrêts ? Comment améliorer l’accessibilité des personnes à mobilité réduite ? Quelle place donner aux plantations et aux espaces publics ?

La mobilité devient alors un prétexte — ou plutôt une occasion — pour revoir plus largement certains morceaux de la ville.

L’ambition affichée est donc de créer des quartiers et des axes de circulation plus apaisés, tout en facilitant les correspondances entre les différents modes de déplacement.

Un projet qui nécessite plusieurs acteurs

Derrière les véhicules que les voyageurs voient circuler, ce type de réseau repose sur une organisation beaucoup plus complexe.

Le Gouvernement wallon fixe les grandes priorités et annonce les financements : 150 millions d’euros pour les BUSWAY et 80 millions d’euros pour les lignes structurantes.

L’Autorité Organisatrice des Transports accompagne les choix stratégiques et facilite les échanges entre les différents intervenants.

LETEC assure pour sa part le pilotage opérationnel des projets, en collaboration avec le SPW Mobilité et Infrastructures, la SOFICO, les villes et les communes concernées.

Du choix du tracé à l’intégration dans l’espace public, les différents partenaires doivent donc travailler ensemble. Une fois les infrastructures réalisées, LETEC assurera l’exploitation des lignes BUSWAY.

Une vision à plusieurs horizons

Ce qui se dessine aujourd’hui est finalement moins une succession de projets qu’une tentative de construire progressivement un réseau cohérent à l’échelle de la métropole liégeoise.

Le tram constitue déjà un axe majeur. La B2 fonctionne depuis 2025 et accueille désormais progressivement les nouveaux tribus électriques. Les B1, B3 et B4 doivent compléter cette première trame à l’horizon 2030. Les lignes prioritaires vers Seraing et Herstal sont, elles, annoncées pour 2032.

La chronologie est donc longue, mais la logique est assez simple : renforcer les grands axes, augmenter la capacité, améliorer la régularité et faciliter les connexions entre les différents modes de transport.

Reste maintenant le défi le plus concret : faire passer cette ambition des plans et des annonces à la réalité quotidienne des habitants.

Car pour le voyageur, un réseau structurant ne se mesure finalement ni en kilomètres de sites propres ni en millions d’euros investis. Il se mesure au temps gagné, à la régularité d’un bus, à la facilité d’une correspondance et à la possibilité de laisser sa voiture sans avoir l’impression de compliquer sa journée.

À Liège, le chantier de la mobilité est donc loin d’être terminé. Mais, entre le tram, les BUSWAY et les futures lignes prioritaires, son architecture commence progressivement à apparaître.

Le regard de Cyberliège Magazine

Il y a quelque chose d’assez nouveau dans cette manière de penser la mobilité liégeoise : ne plus considérer le bus, le tram ou la voiture comme des mondes séparés, mais tenter de construire un réseau où chacun trouve sa place.

Sur le papier, l’ambition est claire. Dans la réalité, elle demandera du temps, des travaux, des adaptations et surtout une bonne coordination entre tous les acteurs.

Mais c’est aussi ce qui rend le projet intéressant : derrière les nouveaux bus de 25 mètres et les futures lignes à priorité se joue une question beaucoup plus large que celle du transport.

Quelle ville voulons-nous pouvoir parcourir demain ?

La réponse ne se trouve pas uniquement dans les véhicules. Elle se dessinera aussi dans les rues, les quartiers, les places et les nouvelles habitudes de déplacement des Liégeois.

 

BUSWAY et ses lignes prioritaires à Liège
BUSWAY et ses lignes prioritaires à Liège