Une centrale électrique à vendre à Liège

Une centrale électrique à vendre à Liège… ou quand un vestige industriel passe à la caisse

A Liège, il y a des lieux qui racontent une époque. Et puis il y a ceux qui, de plus en plus souvent, se retrouvent… sur le marché immobilier. À Angleur, la centrale électrique de Rivage-en-Pot, avec ses allures de cathédrale industrielle et ses souvenirs de modernisme radical, cherche désormais acquéreur. Signe, sans doute, que même les finances communales d’une ville doivent parfois savoir racler les fonds de tiroir.

📍 17 quai Joseph Wauters – 4031 Angleur

Dans la catégorie “Bien atypique”, difficile de faire mieux. Ici, pas de cuisine équipée ni de parquet en chêne, mais une architecture qui assume pleinement son caractère. Héritière d’un ensemble industriel amorcé dès les années 1930, la centrale dialogue avec le poste de transformation conçu en 1959 par André Polak et Jean Polak. Une filiation qui se lit dans la rigueur des lignes et dans l’usage franc de la brique de Winterslag, emblématique d’un brutalisme sans fioritures.

Derrière son poste de commande, le bâtiment abritait un groupe mixte à cycle combiné gaz-vapeur. Mais au-delà de la technique, c’est surtout une atmosphère qui subsiste : celle d’un espace pensé comme une machine, où la lumière, autrefois filtrée par de fines fentes, sculptait les volumes avec précision. Des fenêtres sont venues, depuis, perturber cette austérité presque monacale, comme un rappel que même le béton finit par céder aux compromis.

Une “opportunité rare”… vraiment ?

Car oui, le bien est à vendre. Et pas n’importe comment.

  • Superficie : environ 1.100 m² par niveau, sur deux étages + sous-sol

  • Hauteur sous plafond : près de 5 mètres (de quoi voir grand)

  • Volumes : spectaculaires, bruts, ouverts à toutes les projections

  • Vue : imprenable sur la Meuse et le canal de l’Ourthe

Le tout posé dans un environnement stratégique : en bord de fleuve, à la croisée du RAVeL, à deux pas de Belle-Île et connecté aux grands axes comme aux flux étudiants du Sart-Tilman. Autant dire que l’adresse coche toutes les cases… sauf peut-être celle d’un voisinage discret.

Investir dans une centrale… sans court-circuit

Affiché à 825.000 euros, le site se présente comme une page blanche pour investisseurs audacieux, amateurs de reconversions improbables ou rêveurs en quête d’un projet hors norme. Loft XXL ? Pôle culturel ? Micro-brasserie sous haute tension symbolique ? Tout semble permis.

Et “cerise sur le gâteau” : ici, pas de mobilisation citoyenne à craindre. Une tranquillité « administrative » presque aussi rare que le bien lui-même.

Reste une question : que devient une centrale quand elle ne produit plus d’énergie ?

Peut-être, simplement, un lieu où l’imagination initie un courant immobilier alternatif.

La Centrale électrique du quai Joseph Wauters à Angleur